Valendy Thesnor, lauréate MT180 en Haïti – édition 2021

Doctorante en co-tutelle à l’Université d’État d’Haïti (UEH), l’Université des Antilles (UA) et l’Université de Nîmes (UN), Valendy THESNOR a remporté à la fois le Prix du Public et le 1er Prix du Jury du concours Ma Thèse en 180 Secondes en Haïti pour la présentation de sa thèse en phytochimie, réalisée sous la direction des professeurs Gerardo CEBRIAN-TORREJON (UA), Yvens CHEREMOND (UEH) et Zohra BENFODDA (UNIMES). Pour la première fois, un lauréat de l’édition haïtienne participera à la finale internationale du concours, qui aura lieu à Paris, en septembre prochain.

Pourquoi as-tu choisi de faire de la recherche ?

Valendy Thesnor : J’ai toujours eu une attirance pour la recherche depuis que je suis en licence, mes stages de recherche en master n’ont fait qu’amplifier mon désir pour la recherche, donc je me suis lancée.

C’est quoi ton sujet de thèse ?

Valendy Thesnor : C’est « l’extraction, le fractionnement, l’isolement et la caractérisation GC-MS, LC-MS, RMN et électrochimie des composés à activité antibactérienne potentielle issus de la pharmacopée végétale caribéenne (TRAMIL) ».

A quoi ça sert ?

Valendy Thesnor : c’est important pour la société parce qu’on a un besoin énorme de nouvelles composées antibactériennes pour lutter contre les bactéries multi-résistantes. Et en raison de sa flore, le bassin caribéen constitue un « hot spot » d’une biodiversité extrêmement riche. Cette flore est utilisée de manière empirique par les populations locales à des fins thérapeutiques.               

Gerardo Cebrian-Torrejon : La résistance aux antibiotiques est une problématique majeure de notre société. Avec de fortes implications sanitaires et économiques. Avec la thèse de Valendy nous travaillons pour donner notre contribution à cette problématique en valorisant la biodiversité locale et la culture créole.

La recherche en Haïti, c’est comment ?

Valendy Thesnor : Ce n’est pas facile parce que parfois on n’a pas toutes les ressources nécessaires et aussi parfois la situation socio-politique du pays a des répercussions assez graves sur les travaux.

Pourquoi une thèse en cotutelle avec l’Université des Antilles ?

Valendy Thesnor : C’est en termes d’expertises, surtout pour l’extraction et la caractérisation il y a une très grande complémentarité entre les laboratoires de l’UA et Nîmes. Ce qui est important aussi c’est de ramener des connaissances nouvelles dans les laboratoires en Haïti (où je travaille le côté pédagogique)

Gerardo Cebrian-Torrejon : Pour nous, la collaboration entre laboratoires (nationaux et internationaux) est clé dans nos recherches. Dans le cadre de cette thèse, Valendy a travaillé dans notre laboratoire l’extraction vert, et l’hémisynthèse des extraits bruts, ce sont des domaines où nous avons l’expertise. Maintenant, elle part à Nîmes pour travailler dans un laboratoire très bien équipé du côté analytique où elle va pouvoir étudier ces extraits et caractériser les modifications qu’elle a faites. En parallèle, elle va pouvoir continuer de tester les activités biologiques. Dans ce domaine, elle a déjà obtenu des résultats encourageants du point de vue de l’activité antibiotique. Finalement, la cotutelle avec Haïti lui permet d’avoir un contact avec l’enseignement et de pouvoir transmettre ses connaissances aux plus jeunes.

Pourquoi « Ma thèse en 180 secondes » ?

Valendy Thesnor : C’est une occasion de partager notre recherche à un public diversifié.

Gerardo Cebrian-Torrejon : C’est une bonne opportunité pour le projet d’avoir plus de visibilité et c’est une expérience excellente pour l’étudiant.

Comment est organisé le concours en Haïti ?

Valendy Thesnor : Le concours est organisé par l’agence universitaire de la francophonie dans la caraïbe (AUF caraïbe) qui est implantée à Port-au-Prince, en collaboration avec l’institut Français en Haïti, l’ambassade de France en Haïti et l’ambassade de Suisse en Haïti.  Ils ont monté une équipe pour le bon déroulement de ce concours, il y avait différentes réunions et formations avec tous les candidats.

Quelle préparation ?

Valendy Thesnor : C’était rigoureux et époustouflant. Rigoureux, car ce n’était pas une mince affaire d’avoir à résumé mon projet en quelques mots simples et clairs pour la compréhension de tous. Et époustouflant car quand j’ai vu la liste des participants avec des thèses extraordinaires je me suis dit que ça allait être vraiment serré.  Heureusement, par le travail acharné, ma détermination et par l’encouragement de mes encadrants et mes proches j’ai pu arriver à le faire.

Qu’est-ce que le concours a changé pour toi ? pour ton laboratoire ?

Valendy Thesnor : Cela m’a fait comprendre que j’étais sur la bonne voie et cela m’a permis de mieux appréhender la suite, on peut dire que c’est un pas de plus vers de plus grands objectifs.

Gerardo Cebrian-Torrejon : pour le laboratoire, le concours de Valendy c’est une importante reconnaissance du travail développé à COVACHIM-M2E. Mais il faut se rappeler que Valendy était une étudiante de Master Chimie à l’UA, donc cette reconnaissance est aussi extensive aux responsables de cette formation, comme par exemple sa directrice, le Professeur Marie-Ange Arsène.

Un conseil pour les futurs candidats ?

Valendy Thesnor : Selon moi, 3 choses rendent la recherche intéressante. Le fait de pouvoir faire de sa passion son métier, de contribuer au progrès scientifique et de développer sa curiosité et sa rigueur. Pouvoir partager ses connaissances avec un public suspendu au bout de vos lèvres comme dans ce concours est le grand plus. Donc je dirais aux futurs candidats allez-y ! vivez cette expérience.

Gerardo Cebrian-Torrejon : Il faut toujours essayer, c’est une bonne expérience et cela peut seulement donner des fruits positifs. Mais, bien sûr, il faut se concentrer et bien travailler pour les avoir.

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